Je reviens de Vendée avec quelques grands vins de Prieuré-La Chaume. Ce vignoble d’un peu plus de 13 ha est situé près de Vix. Il a été créé de toutes pièces par Christian Chabirand à partir de 1998, sur des côteaux et un petit plateau qui constituait une île 1000 ans plus tôt. Comme me l’a expliqué Christian Chabirand, les terres noires qui cernent les vignes étaient des terres immergées. La mer se trouve maintenant a une trentaine de kilomètres du vignoble. 

Les vignes de La Chaume sont cultivées en bio même si son propriétaire ne le revendique pas et son crédo est de pousser au maximum les maturités des raisins jusqu’aux flétrissements de certaines baies. Il peut se le permettre car les raisins conservent toujours une bonne acidité, ce qui est dû au terroir calcaire et au climat un peu plus tempéré qu’à Bordeaux (200 km au sud). D’ailleurs, les cabernets sauvignons n’avaient pas encore été vendangés le 10 octobre (ils le seront dans les jours prochains). Le vignoble est très majoritairement planté de merlot, d’un peu de cabernet sauvignon et de négrette pour les cépages rouges, de chardonnay et d’un tout petit peu de chenin pour les cépages blancs. Les vignes sont orientées vers l’ouest (cuvée Bel Canto) et vers le sud (pour les plus grandes cuvées comme Orfeo et Bellae Domini). Les vendanges sont réalisées manuellement. Les vinifications sont traditionnelles, sans ajout de produits de correction. L’élevage se fait sans aucun soutirage (le soutirage est l’action de soutirer du vin d’un tonneau pour le clarifier et qui a pour effet d’oxyder le vin et donc de lui faire perdre du fruit). Christian Chabirand laisse ses vins se faire et il les goûte régulièrement (notamment pendant la vinification) pour prendre les bonnes décisions.

La cuverie est fonctionnelle : elle est constituée de cuves de vinification de quelques hectolitres en résine et de 3 cuves d’élevage en inox, pour les cuvées Bel Canto et Prima Donna. Les autres cuvées sont élevées en fûts de chêne ayant contenu précédemment de 2 à 3 vins (jamais de bois neuf). Les transferts, par exemple des cuves vers les fûts, se font par gravité.

Outre les cuvées mises en bouteille dont je vais dire quelques mots ci-dessous, j’ai eu l’occasion de goûter des vins en cours d’élevage (des 2015 et des 2016) qui étaient très prometteurs.

Cuvée Prima Donna 2015 (vin blanc de cépages chardonnay, pinot noir et un tout petit peu de chenin) : un vin blanc charmeur, au nez expressif (fleurs blanches et fruits blancs) et à la bouche souple et d’une belle longueur. Il accompagnera à merveille les fruits de mer et les poissons. Prix : 16 € (75 cl)*.

Cuvée Bel Canto 2015 (vin rouge 100 % merlot) : un vin rouge de macération courte (quelques jours) pour privilégier le fruité et la souplesse. Il est facile à boire. Pour autant, c’est un vin assez riche. Il accompagnera très agréablement des viandes blanches, des poissons en sauce et des buffets campagnards. Prix : 12,50 € (75 cl)*.

Cuvée Orfeo 2013 (vin rouge de cabernet sauvignon, de merlot et de négrette) : un vin rouge obtenu après une macération longue d’environ 3 semaines et un élevage en fûts de chêne de 15 à 30 mois (selon les millésimes). C’est un vin riche et complexe, à réserver aux belles viandes rouges et aux gibiers. Prix : 19,50 € (75 cl)*.

Cuvée Bellae Domini 2014 (vin rouge 100 % merlot) : un vin rouge obtenu après une longue macération et un élevage d’environ 30 mois en fûts de chêne. C’est la cuvée la plus concentrée, la plus tannique également même si les tanins sont bien mûrs. Le nez s’ouvre sur des notes de cassis et il laisse place très rapidement à des notes de tapenade d’olive noire. La bouche est très riche et complexe. La finale est d’une grande longueur. Prix : 23,50 € (75 cl) et 49,90 € (150 cl)*.

* Prix de vente Le Caveau Normand.