La Bénédictine – Fécamp.

La bénédictine est une liqueur produite à Fécamp au sein du palais Bénédictine. Sa recette utilise 27 plantes et épices.

Elle a été créée par Alexandre Le Grand, fécampois et négociant en vin, qui la mit au point au bout d’un an d’effort en 1863. Pour cela, il se serait inspiré d’une recette d’un certain Dom Bernardo Vincelli, moine de l’Abbaye de Fécamp qui aurait vécu au XVIe siècle.

Le palais Bénédictine :

C’est donc au sein du palais Bénédictine que la liqueur est produite et vieillie avant d’être mise en bouteille à Beaucaire. La mise en bouteille se faisait à Fécamp jusque dans les années 1970. Le palais mêle les styles néogothique, renaissance et même art nouveau. Il a été érigé à la fin du XIXe siècle sous la direction du célèbre architecte de Fécamp Camille Albert.

Bénédictine ou DOM :

A noter que la Bénédictine est appelée DOM dans certains pays, d’après les initiales qu’elle arbore sur ces 2 étiquettes. D.O.M. pour Deo Optimo Maximo : à Dieu très bon, très grand. C’est une liqueur connue mondialement dont on peut voir de nombreuses contrefaçons qui sont conservées au sein du palais et qui proviennent des 4 coins du monde. Elle est exportée à 75 %, notamment vers l’Asie (Singapour) qui est son plus gros marché.

La liqueur est produite à base de 4 alcoolats :

une infusion dans de l’alcool de betteraves ou de pomme de terre et 3 autres alcoolats issus d’une simple ou d’une double distillation.

Le premier alcoolat :

 le premier alcoolat obtenu par infusion contient notamment de l’écorce de citron, de la mélisse, de l’angélique, du thym, de l’hysope, de l’amande amère, du thé noir et de la vanille.

Le second alcoolat :

issu d’une double distillation et qui titre 79,5 % vol., contient les mêmes ingrédients que l’infusion à l’exception de la vanille ;

Le troisième alcoolat :

obtenu par simple distillation et qui titre 83,5 % vol., ne contient que des épices dont notamment la cannelle, le clou de girofle et la noix de muscade.

Enfin le quatrième alcoolat :

issu d’une double distillation et qui titre 80 % vol., contient de l’angélique, de la coriandre, des baies de genièvre, du thym, de la cardamome, du macis (fine enveloppe entourant la noix de muscade), des bourgeons de pin …

Les alcoolats à base de plantes subissent une double distillation avec une seconde distillation dite de rectification, dans le but de purifier l’alcoolat (éliminer les impuretés). Entre les 2 distillations, on adjoint de l’eau à l’alcoolat afin de ne pas se retrouver avec un niveau d’alcool trop élevé au bout de la seconde distillation.

Assemblage et vieillissement :

Les 4 alcoolats obtenus, une première étape d’assemblage consiste à les mélanger et à faire vieillir le tout pendant 8 mois dans de grands foudres de bois. Ensuite, on y ajoute du safran et du miel, avant de chauffer le mélange à 55 °C et de le faire vieillir pendant 4 mois supplémentaires. Une filtration suivie d’un contrôle qualité précèdent la mise en bouteille.

La Bénédictine est une liqueur douce et très sucrée (elle contient environ 300 gr de sucre par litre).

Complexe en bouche, elle peut être consommée pure ou bien en cocktail. Le cocktail Dom qui consiste à mélanger un peu de Bénédictine avec un crémant (à la manière d’un Kir) et un zeste de citron, est vraiment délicieux.

Outre la Bénédictine, le palais fabrique également 2 autres liqueurs. Depuis 1937, elle fabrique le B & B, un mélange de Brandy pour 40 % et de Bénédictine pour les 60 % restant, et qui est donc moins sucré. Et enfin la Bénédictine Single cask. Celle-ci est plus forte en alcool (43 % au lieu 40 % vol.) et elle est vieillie en fût neuf. Cela lui apporte plus de vivacité et une plus grande longueur en bouche. Elle n’est vendue qu’au palais.

 Le palais se visite et il est possible de suivre un parcours d’initiation à la fabrication de la bénédictine, suivie de dégustations (notamment l’expérience Connaisseur). Les informations sont disponibles en suivant ce lien : https://www.benedictinedom.com/fr/fr/flamboyant-palais/